Repos à Dolenjske
Attention! Journée repos, pas de cartes postales, rien que du bavardage, rien ne vous oblige à subir ma philosophie à 2 balles.
Enfin une bonne nuit!
Il pleut ce matin, ça ne devrait pas durer toute la journée et retour du beau temps demain.
Je mérite d’avoir un petit peu de chance.
Comme c’est journée repos et que je dois voir l’hôtelier que j’entends s’agiter au rez-de-chaussée, je décide de prendre un petit déjeuner.
Je ne l’avais eu qu’au téléphone la veille, et j’ai la confirmation qu’il est très sympa. En revanche, il m’annonce que son resto ne sera pas ouvert aujourd’hui et c’est dommage parce que l’endroit est très typique et que je suis sûr que la cuisine est faite maison. Il m’explique que les affaires ne sont pas florissantes et ça me replonge quelques années plus tôt quand je ramais pour tenir mon hôtel à Lunéville. Nous échangeons sur l’injustice fiscale qu’il y a entre les hôteliers et les propriétaires d’appart Airbnb. J’ai remarqué hier sur les portes majestueuses des anciens palais de Ljubljana ces affreux escadrons de boîte à clef, vissés sans élégance dans du chêne de 400 ans.
Si tu as la chance d’être propriétaire d’un logement à Paris, à Venise, à Vérone ou à Ljubljana, tu auras un revenu locatif trois fois supérieur en louant de cette façon que mensuellement à un habitant de ta ville. Sans compter que si ce dernier décide de ne plus payer son loyer, la plaisanterie peut durer quelques années s’il est habile et de mauvaise foi.
Cela pose tout même de sérieux problèmes, il serait temps de légiférer, car pour habiter une capitale, il faut désormais des revenus de ministre. L’excès de tourisme finit par être néfaste et je comprends l’exaspération de certains citadins.
Il y a quelques années, j’étais parvenu à Venise à vélo depuis chez moi et n’étais pas entré dans la célèbre cité. À l’époque je trouvais inacceptable de visiter cette ville romantique sans la femme de ma vie, mais à y repenser maintenant je crois qu’il y avait également ce refus d’aller bêler au milieu de tous ces gens qui s’auto mitraillaient avec leurs smartphones. On ne photographie pas un monument ou un endroit exceptionnel, mais sa tronche béate devant le site. Je n’oublierai jamais cette gourde dépoitraillée se selfiant, hilare, sous la porte d’entrée du camp d’Auchwitz.
Arbeit macht frei
Apple rend con.
Après une petite balade à pieds, je réalise que ce bourg n’offre que deux restos. Celui où j’ai ma chambre mais qui est fermé et celui où j’ai dîné hier soir, qui ne propose que des pâtes et des pizzas.
J’entre dans l’un des deux luxueux hôtels et me renseigne, le forfait est de 25€, il y a un buffet immense et on peut choisir entre 3 plats du jour.
Vendu.
En fait je déjeune plutôt « équilibré ».
Bon c’est pas fun l’ambiance de ces hôtels de cure.
Beaucoup de gens seuls, quelques estropiés venus là pour bénéficier des effets miraculeux des sources thermales, dont des gens pas vieux en fauteuils. Ça met l’église au milieu du village et pousse à ne pas pleurnicher de ses bobos de septuagénaire qui n’a pas vu passer les années.
Mon généraliste préféré m’a déjà suggéré ce genre de cure pour mes douleurs arthrosiques, mais j’aurais peur d’en revenir avec une grave dépression.
Je passe ensuite l’après midi aux termes, alternant sauna, piscine à remous, jacuzzi, bains japonais et pour finir, un massage au magnésium dont je sors KO.
Puis je décide de dîner au même endroit qu’à midi. Là, je reconnais des gens que j’ai vu à poils aux bains. Bon le buffet est rigoureusement le même qu’à midi, seuls les plats de résistance ont changé. Se taper une semaine dans cet hospice ne doit pas être si réparateur que ça.
Je rentre tôt, et commence à préparer mes sacs.
Demain entrée en Croatie.
Dodo



Commentaires
Bonne journée demain.
À demain soir pour connaître la suite de tes aventures.
Grosses bises 🥰