Jour 16 Sarajevo Foca
Enfin une rencontre!
Sortir d’une capitale en vélo est toujours compliqué, voire dangereux.
Le record de pénibilité dans ma mémoire de randonneur était Zagreb.
Ben Sarajevo l’a largement détrônée.
Je crois avoir compris que les automobilistes bosniaques n’admettent tout simplement pas qu’un vélo soit devant leur capot et les oblige à ralentir. J’aimerais bien voir ce qu’en dit leur code de la route.
Donc conscient de ce risque à rouler normalement sur la route, j’ai opté depuis mon approche de cette capitale, pour la solution trottoirs (quand il y en a).
Ajouté à ça que cette métropole est entourée de collines abruptes, la séance de ce matin a commencé par de l’escalade de côtes bien raides, sur les trottoirs, en sautant les marches lors des croisements de rue! Vous croyez que au moins, ils auraient prévu des petits solins pour grimper dessus, que nenni!
Donc, après 3 quarts d’heure de ce sport, je n’avais fait que 10kms!
Mais la circulation intense se calmait enfin.
Mon angoisse du jour était que mon parcours empruntant une nationale, je me demandais quel allait être l’importance de la circulation. J’étais parti tôt pour ne pas trop subir les conducteurs bosniaques et ne pas rouler sous un soleil au zénith.
Mais rapidement je pus constater que les quelques autos et motos qui me dépassaient, étaient probablement des touristes car tous laissaient un espace sécurisant.
À l’ombre il faisait une fraîcheur bien agréable et la montée de ce col ne fut pas une torture tant la cote s’élevait progressivement et le spectacle était incroyable.
Parvenu sur un plateau type Jura, je m’extasiais des paysages qui défilaient quand soudain un cyclosportif me doubla en criant: « brava! ». Je piquai immédiatement un sprint pour le rattraper et « prendre sa roue » et je parvins à tenir, soudain aspiré, et prêt à rouler comme ça quelques kilomètres. Il réalisa soudain que j’étais la, se mit à ma gauche et nous commençâmes à papoter.
Il était inquiet pour mon itinéraire vers Foca, car la route avait été récemment fermée à cause d’éboulements.
À l’entrée de Trnovo, il m’invita à boire un café et nous pûmes échanger un peu. Quelqu’un lui dit que la route était rouverte et je fus très soulagé parce que je savais que les rares autres itinéraires vers le Monténégro affichaient 2000 mètres de D+ en plus.
Il me parla de sa vie de cycliste, rit quand je lui parlai du comportement des conducteurs bosniaques, puis on évoqua la guerre. Il avait 23 ans lors du siège de Sarajevo, et ne pouvait faire que des allers et retours de 2 kms en vélo pour garder la forme et ce, malgré les risques d’être touché par un sniper.
Une grenade fut lancée dans son appart et il garde encore une cicatrice à la jambe mais qui ne l’empêche pas de rouler.

























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