Jour 15 Sarajevo
Excellente nuit
Je pars en balade et m’installe en terrasse près de la cathédrale. La carte de petit déjeuner est tentante et je me régale d’œufs benedictes qui vont, avec cet endroit et cette température idéale, rester gravés dans ma mémoire.
Puis je saute dans un vieux Tram, (il y en a de plus récents), et me laisse emmener cahun caha vers le côté moderne de la ville.
Encore peu de gratte-ciels ici.
Je descends à hauteur de Sniper Haley en plein quartier universitaire, et observe, navré, les impacts de balle sur les façades, j’y reviendrai plus bas.
Puis je remonte vers mon quartier, trouve un barbier et me fais rafraîchir tête et barbe.
Je déjeune et pars en visite.
Je choisis un des 3 musées du quartier, celui dit du genocide, il y fait frais, un des préposés me demande d’où je viens et manifestement je lui fais envie. Ça arrive souvent. On me dit: « wouahhh, c’est mon rêve de faire ce que vous faites! »
Ben, n’attendez pas, la vie défile, réalisez vos rêves!
Puis je fais la visite, et…heureusement qu’on peut s’asseoir!
Je ne publie qu’une seule photo de ce musée.
Bon, je ne vais pas détailler ce que j’ai vu et appris lors de ce plongeon dans l’horreur, ce dont je me souviendrai, c’est que mon envie de pleurer venait surtout de prendre conscience de la qualité de notre vie en France, de notre ignorance du paradis dans lequel nous vivons, et malgré tout, jamais contents!
1995, Srebrenica, qui d’entre nous se souvient de ce qu’il s’y est passé?
Des reportages TV le soir, on ne savait même pas où ça se trouvait, cette région.
J’ai un vague souvenir de l’impuissance des casques bleus, des interventions des forces multinationales qui auraient pu « économiser » des milliers de morts, mais qui bizarrement, ont été stoppées sur ordre.
Souvenir aussi d’avoir vu à la télé ce pont de Sarajevo, où les gens sprintaient pour traverser: Sniper Haley.
Ce fameux carrefour que je suis allé voir ce matin, juste à côté des Universités, les façades sont encore criblées de traces de balles de guerre.
Voilà mes maigres souvenirs de cette période où à un petit millier de kilomètres de notre paisible place Stan, on assassinait! Et cela durant plusieurs années ces événements horribles qui finissaient par nous lasser, et dont, a la longue, on se désintéressait.
C’est pourtant ce qu’il se passe encore en ce moment même dans d’autres coins du globe, et là encore, on regarde ailleurs.
Au fait, à propos de Sniper Haley, la cerise sanguinolente sur le gâteau, c’est quand même lorsque, il y a peu, des journalistes d’investigation italiens ont découvert qu’à cette période, de richissimes chasseurs de gros gibier internationaux venaient sur les collines surplombant Sarajevo et payaient 100 000€ pour pouvoir tirer sur des êtres humains.
(Demandez à Wikipedia si vous pensez que j’ai abusé de la Sarajevsko Premium).
Fuyant le four de Old Town, je prends la télécabine qui mène au sommet surplombant la ville et d’où partaient les Bobsleigh lors des jeux olympiques de 1981.
La vue est fantastique et on comprend mieux la géographie de cette ville.












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